Lettre publiée le 6 novembre dans Les Coop de l’info
Alors que de nouvelles équipes prennent place à la tête de nos municipalités, un défi collectif s’impose avec urgence : celui de lutter activement contre la violence conjugale, aussi à l’échelle locale.
Les administrations municipales, par leur proximité avec la population, sont un maillon essentiel de la lutte contre cette problématique sociale. Nous invitons donc les nouvelles équipes en place à faire de cette cause une des priorités de leur mandat.
Les municipalités ont le pouvoir — et la responsabilité — d’agir pour faire de chaque milieu de vie un espace sécuritaire, solidaire et mobilisé contre la violence conjugale.
La violence conjugale, dans l’angle mort de l’action municipale
La campagne électorale qui s’est achevée dimanche n’a pas – ou que très peu – abordé les enjeux liés à la violence conjugale. Pourtant, les municipalités ont un rôle à jouer en la matière. Plusieurs ont déjà démontré qu’il est possible de poser des gestes concrets à l’échelle locale, avec des retombées tangibles pour les femmes et les enfants victimes de violence.
Les pistes d’action sont nombreuses et inspirantes : soutien financier ou exemption de taxes accordés aux maisons d’aide et d’hébergement de la localité, mise à disposition de locaux et de matériel pour des activités de formation et de sensibilisation, appui pour la construction ou relocalisation de maisons, gratuité pour l’entreposage des biens et pour la pension des animaux des femmes hébergées en maison, ajout d’un.e agent.e de liaison pour faciliter la concertation avec les services de police, les Offices municipaux d’habitation ou encore le réseau de la santé.
Un appel à devenir de réelles alliées
Dans les dernières années, plus de 700 municipalités de toutes tailles – sur les 1 130 existantes au Québec – se sont mobilisées dans le cadre de la campagne « Municipalités alliées contre la violence conjugale ».
À deux semaines des 12 jours d’action pour l’élimination de la violence faite aux femmes, notre Regroupement invite les nouvelles personnes élues à poursuivre cet élan et à aller au-delà des engagements symboliques. Les maisons d’aide et d’hébergement sont prêtes à collaborer avec vous pour développer des mesures structurantes et durables pour les citoyennes de votre localité qui tentent d’échapper à la violence conjugale.
Un des premiers gestes que nous vous invitons à poser : donner votre appui public dans le cadre de la campagne « Pas de sécurité à moitié » pour réclamer au gouvernement de la CAQ un financement des maisons à la hauteur des besoins des femmes et des enfants.
Ensemble, nous pouvons bâtir des milieux de vie plus sûrs, plus justes et plus bienveillants.
Annick Brazeau, présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale